Promenade  Nocturne

Les néons jetaient une lumière froide sur la station de bus. C’était l’été et la nuit ni chaude ni froide était tombé depuis un moment. J’étais seul à attendre le bus N°7. Non, une fille attendait un peu plus loin mais peut-être pas pour le 7. Je commençais à faire les cents pas et j’en profitais pour l’approcher et l’observer. Son visage aux petits yeux bleus et au nez retroussé lui donnait un air innocent. Cheveux longs, bruns, impeccablement brossés, ils descendaient lourdement sur ses omoplates. Un sweat-shirt masquait à peine sa poitrine généreuse et ses collants noirs sous sa jupe m’ont attirés.
Je fixais l’écran qui indiquaient que trois minutes d’attente étaient nécessaires avant de voir arriver le bus. Cinq minutes plus tard, toujours pas la queue d’un bus. Passe une demi-heure. Je perds patience et la fille aussi. Elle finit par m’aborder.
- Tu attends le 7 ?
- Ouais mais je crois que c’est foutu. Je vais rentrer à pieds.
- Oui, on n’a qu’à y aller ensemble.
- Ok
Et nous voilà partis dans la banlieue endormies durant quatre kilomètres. Nous faisons connaissance dans les règles et échangeons quelques banalités. Elle étudie dans le même campus que moi, ce que j’avais deviné. Elle habite en fait en Bretagne et rentre tous les mois. Je m’en fous un peu et je savoure mon plaisir ; me balader par une belle nuit sans nuages, une fille séduisante à mes côtés.
A chaque lampadaire que nous croisons, je la scrute de la tête au pieds pour la transposer plus tard dans un fantasme. La lumière blanche se reflète sur les bas qui moulent ses jambes parfaites. Je l’imagine déjà nue dans toutes sortes de situations excitantes.
Après quelques pâtés de maison, nous arrivons sur une longue route lugubre et déserte, éclairée uniquement par le croissant de lune. De grands arbres sombres menacent le trottoir où nous marchons. Je me rapproche d’elle imperceptiblement jusqu’à ce que ma main aille frotter sa jupe qui balance. J’essaye de sentir son odeur. Ca y est je la sens, je touche son étoffe, tout cela fait naître en moi un désir furieux de m’exhiber et de me stimuler manuellement devant elle. La jeune fille m’arrache à mes pensées libidineuses :
- J’aime pas marché sur cette route…
- Pourquoi ?
- C’est dangereux. Une fois, un type en voiture s’est arrêté à ma hauteur. Il se masturbait en me regardant.
- Oh…Ah bon…Oui quel sale type.

J.

Retour à la page des nouvelles